[MUSTANG spoil]

Mustang : Le chef d'oeuvre des Oscars 2016, entre fascination et esthétisme.

Mustang est film qui m'a complètement fasciné cette année. D'abord par sa lumière, une photographie juste, le parti-pris est clair, la réalisatrice illustre les traditions d'une culture orientale obsolète bousculée par l'esprit fougueux de la jeunesse d'aujourd'hui. Le jeu d'acteur est incroyable, les 5 gamines dont l'alchimie est palpable à l'écran, sont d'une beauté rare et nous embarquent direct dans l'histoire.

Photo officielle du film Mustang, Sonaya et Selma en train de se faire bronzer.

Un chef op' qui joue avec l'esthétisme

Dés la première scène, la lumière de la Turquie nous submerge complètement. Une mise en abîme qui nous donne l'envie de visiter rapidement ce pays, afin d'y découvrir sa culture et son côté sauvage plus contemporain.
Le parti-pris de filmer, caméra au poing, cadrage sur les visages des acteurs, nous amène dans l'intimité de cette famille en conflit. La tradition confronte la modernité, un thème classique qui marche toujours aussi bien à l'écran.
Côté plan, mention spéciale au contre plongé de la scène où les filles se retrouvent au stade de foot. Cette impression de hauteur nous permet de capter chaque émotion et donne une dimension d'élévation à ce moment de joie partagé.

Photo officielle du film Mustang

Un jeu d'acteur d'une rare authenticité

Même s'il on comprend rapidement qui est la protagoniste principale de l'histoire,  les 5 soeurs se partagent le premier rôle à l'image.  5 identités bien définies, qui illustrent 5 réactions face à la même problématique : le poids de la tradition culturelle, religieuse et familiale.

Photo officielle du film Mustang, le mariage de Sonya

La chanceuse

Sonay, l'aînée est celle qui s'en sort le mieux, la rebelle de la fratrie à la chance d'être déjà en amour avec celui que l'on a choisi pour elle. Grâce a son caractère sauvage elle impose à la tradition celui qui deviendra son mari. Une chance que l'on pourrait qualifier de "débutant", la grand-mère dépassée par les évènements, se voit d'en l'obligation de marier rapidement ses petites filles, et cédera facilement au caprice de Sonay.

Photo officielle du film Mustang, Selma en robe de mariée

La résignée

Selma, la seconde de la fratrie, quant à elle accepte en quelque sorte son sort. Fataliste, elle sera mariée de force avec un homme qu'elle ne connaît pas. La fête aura un goût amère et lors de sa nuit de noce, même son honneur ne sera pas prouvé.

photo du film Mustang, Ece dans la cuisine

La condamnée

La 3 ème protagoniste est au centre de la fratrie, Ece se cherche, elle veut se rebeller en couchant rapidement avec un homme, pour condamner son futur mariage, elle est partagée entre son envie de liberté et le respect des tradition. Elle préférera se donner la mort plutôt que de se voir marier.

Photo officielle du film Mustang, Nur avec sa grand-mère

L'effacée

Nur n'est pas un personnage que l'on remarque au début de l'histoire, elle entre en scène après la mort de sa soeur. Elle n'est encore qu'une enfant, d'une beauté rare, et a plutôt tendance à suivre ses aînées. Elle se retrouve face à son destin accompagnée de sa soeur cadette, qui elle a décidé de changer le cours de l'histoire.

Photo officielle du film Mustang, Lale se coupe les cheveux

La courageuse

Lale, le cheval fou de la fratrie, reste le personnage principal de ce chef d'oeuvre. Elle refuse la tradition et son espièglerie l'aidera à concocter un plan d'évasion d'une intelligence rare. Tout au long du film elle cherche, réfléchit, la caméra la suit dans ses réflexions, plan serré du visage, et regard interrogateur. Du haut de ses 10/11 ans, elle apprend même à conduire avec le jeune Yasin, le personnage bienveillant de l'histoire, qui protège Lale depuis le début. Elle n'a qu'un but : fuir et rejoindre Istanbul.

Photo des actrice et de la réalisatrice de Mustang le film, twitter @MustangLeFilm, avant le Oscras 2016

MUSTANG : un film oscarisé et inspirant

Ce qui est fascinant dans cette histoire de fratrie, c'est la complicité qu'ont ces jeunes actrices face à la caméra. On peut critiquer pas mal d'élément dans ce film, le rythme trop rapide, le rôle ambiguë de l'oncle, il reste néanmoins d'une qualité rare à mes yeux, moi qui suis une toute nouvelle cinéphile. Et pour un premier film, Deniz Gamze Ergüven a réussi son pari de nous parler de son pays, ses traditions, en l'illustration magnifiquement et en s'entourant d'une équipe plus que compétente. Récompensé juste titre, ce film restera en mémoire.
Personnellement, il m'a pas mal remué, et me donne à réfléchir sur de nouveaux sujets à rédiger. Les liens que possède la fratrie que l'on peut nommer "Sororité" en ce qui concerne les relations fusionnelles entre soeurs, est certainement mon prochain projet d'article. À suivre.

Crédits photos

Les photos de cet article sont les images officielles du film.
Certaines proviennent de @MustangFilm
D'autres du shooting de Caitlin Cronenberg pour WMagazine

2 réflexions sur « MUSTANG »

  1. Hey merci pour ce billet, qui m’a donné envie de voir le film (dont je n’avais pas entendu parler jusqu’à aujourd’hui). Là comme ça tout de suite, à juger les photos et le synopsis, je pense à « Virgin Suicides ». Y a-t-il un parallèle, ou c’est juste moi qui l’imagine ?

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